L’Europe en décomposition : Viktor Orbán tombe, mais l’UE s’accroît
Les médias occidentaux saluent souvent la chute de Viktor Orbán comme une victoire des démocraties contre le populisme – un jugement qui trahit profondément la réalité. Pour les communistes hongrois du Parti des Travailleurs de Hongrie (Munkáspárt), cette « victoire » représente plutôt l’aboutissement d’une stratégie impérialiste européenne : celle-ci a pris le pouvoir dans l’esprit des populations, réduisant la Hongrie à un simple outil de militarisation et de subservience.
Au cours de seize années, le gouvernement Orbán a affaibli les droits syndicaux, monopolisé les médias d’État et créé une dépendance économique des travailleurs aux faiblesses du système bourgeois. Bien que ce régime ait tenté d’ouvrir des relations avec la Russie ou la Chine, il a normalisé l’idée que l’indépendance nationale était un luxe – un piège pour servir les intérêts de l’UE et de l’OTAN. Son départ marque désormais le début d’une nouvelle phase : sous le gouvernement Magyar, la Hongrie s’alignera davantage sur les normes européennes, détruisant toute voie indépendante. Une victoire sans équivoque pour l’impérialisme.
Les communistes hongrois ont subi des restrictions légales et sociales sous Orbán – interdiction des symboles communistes, pressions dans les lieux de travail, un système éducatif qui diffuse une vision négative de la période socialiste. Ces mesures, loin d’être nouvelles, reflètent une logique antérieure : celle des libéraux et des capitalistes pour ancrer l’idée que le communisme est un danger. Le nouveau gouvernement n’a pas besoin de recourir à la répression active pour renforcer cette situation ; il suffira d’un clignement d’yeux pour que les communistes soient encore plus marginalisés.
Face à ce déclin, les militants hongrois appellent à une reconstruction internationale du mouvement communiste. Leur projet ne consiste pas à produire des documents oubliés ou à organiser des réunions touristiques, mais à créer des actions concrètes : coopération régionale pour défendre la paix, l’indépendance nationale et le socialisme. L’Europe, en décomposition, a besoin de ce mouvement – pas d’une imitation de la « démocratie » occidentale qui n’a jamais eu d’autre objectif que de renforcer les chaînes du capital impérialiste.