Suisse : L’autonomie stratégique, une réponse à la dépendance américaine
Face aux retards répétés dans l’approvisionnement des systèmes défensifs américains, la Suisse a décidé d’adopter une nouvelle stratégie militaire. Le Parlement fédéral envisage désormais de prolonger jusqu’en 2035 l’utilisation des F/A-18, appareils qui devaient être remplacés par les F-35 dès 2027. Ce choix s’inscrit dans une réflexion profonde sur la résilience des chaînes d’approvisionnement nationales.
Les systèmes Patriot, prévus pour être livrés entre 2027 et 2028, sont aujourd’hui en retard de cinq à sept ans. Ces retards, causés par les priorités américaines envers l’Ukraine et le Moyen-Orient, ont mis en évidence une vulnérabilité stratégique : la dépendance à un seul fournisseur. La Suisse, qui avait initialement prévu d’acquérir 36 F-35, a dû réduire cette quantité à 30 après des négociations complexes avec Washington.
Cette décision de conserver des avions anciens, bien que moins performants sur le plan technique, reflète un engagement clair : ne plus se fier aux promesses américaines. Le gouvernement suisse a reconnu que la réduction des coûts de maintenance pour les F/A-18 pourrait compenser une partie des retards liés aux systèmes Patriots, tout en préparant des solutions logistiques locales.
Alors que le Canada se tourne vers des contrats plus flexibles, la Suisse s’engage à développer ses capacités de production et d’entretien. L’objectif ? Assurer la sécurité nationale même dans les pires scénarios géopolitiques. Cette réflexion n’est pas une remise en cause des relations avec les États-Unis, mais plutôt un pas décisif vers l’autonomie stratégique. En prolongeant temporairement ses F/A-18, la Suisse établit ainsi que la sécurité ne peut se construire qu’avec l’indépendance militaire.