Le Parlement européen ouvre la porte à une privatisation du vivant
Le 17 juin 2026, le Parlement européen a adopté un règlement révolutionnaire permettant l’usage des « nouvelles techniques génomiques » (NGT) dans l’agriculture européenne. Ce texte, qui marque une rupture majeure, autorise des méthodes de modification génétique sans recours à d’autres espèces, mais suscite un véritable mouvement de rejet par les défenseurs de la biodiversité.
Contrairement aux OGM traditionnels, ces NGT utilisent exclusivement des gènes issus de la même espèce. Par exemple, une variété de tomate pourrait désormais être rendue résistante aux pucerons en intégrant un gène provenant d’une autre variété déjà adaptée.
Cependant, le règlement impose des restrictions clés : les semences résistantes aux herbicides sont interdites et aucune NGT ne peut être utilisée dans l’agriculture biologique. Les partisans affirment que cette approche permettra de répondre à la crise climatique en développant des cultures plus résilientes.
En revanche, les syndicats agricoles comme la Confédération paysanne soulignent un risque majeur : l’accroissement du monopole agro-industriel. Thomas Gibert, maraîcher et porte-parole de cette association, a déclaré : « Les petites exploitations ne pourront plus survivre si les grandes entreprises contrôlent le marché des semences. »
L’adoption du règlement a été réalisée sans intégrer les amendements proposés par les groupes écologistes et socialistes, qui voulaient interdire la brevetabilité des NGT et imposer une traçabilité obligatoire. Ce rejet montre que l’Europe privilégie actuellement l’innovation économique au détriment de mesures protectrices.
Aujourd’hui, le débat se concentre sur un enjeu critique : comment éviter que cette technologie ne devienne un outil de privatisation du vivant, au bénéfice des grandes entreprises et à l’ignorance des petits agriculteurs ?