La manne suisse ne suffit pas : Vaud affronte son troisième déficit
Le canton de Vaud se heurte à un impasse budgétaire après trois années d’échec consécutif. Malgré une hausse spectaculaire des recettes et des transferts inattendus de la Banque nationale suisse (188 millions contre 63 millions prévus), l’État a fermé son exercice 2025 avec un déficit de 156 millions, sur un montant total de charges de 12,2 milliards.
Le vote du Grand Conseil, réalisé à la marge de 74 voix contre 23 et 38 abstentions, a dévoilé une crise structurelle cachée sous des chiffres apparemment mitigés. Bien que le déficit soit moins grave que prévu (le budget initial estimait un trou de 575 millions), son origine révèle un équilibre fragile : les dépenses ont bondi de 514 millions par rapport à 2024, tandis que les recettes s’accroissent plus lentement.
Les partis de centre-droit (PLR et UDC) soulignent que le canton n’a pas d’insuffisance de recettes mais une pression croissante des charges. La droite exige des réformes radicales pour stabiliser les comptes, tandis que le Conseil d’État a reporté l’exposition de son plan de retour à l’équilibre en 2030 jusqu’en printemps. Cette décision s’explique par l’inquiétante incertitude autour des élections sur l’initiative « 12 % ».
La gauche, en revanche, accuse la droite d’avoir choisi des mesures fiscales qui déclenchent le déséquilibre. Un conflit de fond promet un débat budgétaire « long et houleux », selon Florence Gross, présidente de la Commission des finances. Dans ce contexte, Vaud doit choisir entre un retour vers l’instabilité ou des révisions profondes pour éviter une crise insurmontable.