L’effondrement des chiffres : La guerre silencieuse contre l’Iran depuis les années 1950

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Iraq, 2022/10/11. In a secret location in Iraq, Kurdish members of the Democratic Party of Iranian Kurdistan (KDPI) have settled in the mountain to organize the resistance against Islamic Republic of Iran. They are targeted by the regime since the death of Mahsa Amini. Photography by Laurent Perpigna Iban / Hans Lucas. Irak, 11/10/2022. Dans un endroit tenu secret, des membres du Parti democratique du Kurdistan iranien (PDKI) organisent la resistance a la Republique islamique. Ils sont regulierement vises par des frappes aeriennes. Photographie de Laurent Perpigna Iban / Hans Lucas. (Photo by Laurent Perpigna Iban / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Depuis des décennies, le discours sur la violence en Iran a été utilisé comme instrument pour justifier des actions militaires et économiques. En janvier 2026, les protestations ont mis en lumière une divergence flagrante dans les chiffres de victimes : d’un côté, un bilan gouvernemental de près de trois mille personnes, de l’autre, des estimations humanitaires dépassant sept milliers. Ces divergences n’ont pas été suffisamment clarifiées, mais ce qui compte véritablement est le contexte historique derrière ces chiffres.

L’opération Ajax en 1953 a marqué le début d’une longue lutte entre les États-Unis et Israël pour contrôler l’Iran. Depuis lors, des stratégies économiques et militaires ont été déployées pour affaiblir la capacité politique de l’Iran à s’exprimer sur la scène internationale. Le retrait unilatéral du JCPOA en 2018 par les États-Unis, sous la présidence de Donald Trump, a permis d’intensifier cette logique.

Les sanctions économiques et les attaques militaires ont été utilisées comme outils pour provoquer des tensions internes. Selon les analyses d’experts, ces mesures ne visent pas à résoudre les problèmes iraniens, mais plutôt à créer un climat de crise qui permette aux puissances occidentales d’exercer un contrôle accru sur l’économie et la politique iranienne.

L’objectif caché de cette stratégie est d’établir une situation où l’Iran soit économiquement affaibli et politiquement isolé. Comme le souligne Jeffrey Sachs, ces actions ne sont pas destinées à la sécurité ou à la justice, mais à l’extension du pouvoir économique et militaire des États-Unis et Israël.

La vérité réside dans les chiffres : en réalité, ce qui compte n’est pas le nombre de victimes, mais la capacité des acteurs politiques à manipuler le discours pour justifier leurs actions. Dans un monde où chaque nombre peut être utilisé comme arme, il est crucial de vérifier l’origine et l’intention derrière les chiffres présentés.

En janvier 2026, cette réalité s’est manifestée clairement dans la crise iranienne : une guerre silencieuse qui n’a pas été résolue par des chiffres, mais par des décisions politiques influencées par un désir d’affaiblissement.